Archives de catégorie : négoces et traites

La traite atlantique : la vie d’Olaudah Equiano.

La capture et la vente :

Je suis né en 1745, près du fleuve Niger en Afrique de l’Ouest. Le 2 avril 1756, j’ai 11 ans, quand deux hommes et une femme d’une tribu rivale me capture chez moi avec ma sœur. Ensuite, je suis transporté vers la côte en pirogue. Puis, suis vendu plusieurs fois à des maîtres africains. Finalement, le 1er décembre 1756, je quitte l’Afrique à bord d’un navire négrier en direction de la Barbade.

La traversée de l’Atlantique :

Pendant 3 mois, la traversée de l’Océan Atlantique est atroce. En effet, entassés dans les cales du navire, enchaînés, la chaleur et les odeurs sont insupportables. Beaucoup d’entre nous meurent de maladies.

Esclave dans une plantation américaine :

Le 1er mars 1757, débarqué à la Barbade, je suis parqué et enfin vendu au bout de quelques jours par lots. Le 1er avril 1757, j’arrive en Virginie (Amérique du Nord) dans une plantation où je fais différents travaux : désherber ramasser les pierres et même éventer le propriétaire… Certains esclaves sont punis en étant obligés de porter une muselière de fer car ils ont tenté de fuir. (marronnage).

Le chemin vers la liberté :

Par la suite, je suis revendu plusieurs fois et j’aide un capitaine de marine anglaise et un négociant. Enfin, je rachète ma liberté pour la somme de 40 livres.  En 1766,  Barbier, puis marin, j’embarque pour la Nouvelle Angleterre, le Nicaragua, et les régions arctiques où j’accompagne l’expédition de John Phipps en 1773. j’écris mon autobiographie, publiée à Londres en 1789 : « Ma véridique histoire » sur les conditions inhumaines de l’esclavage. Donc, je suis une figure du mouvement abolitionniste anglais. Et j’accompagne plusieurs affranchis lors de leur retour en Afrique en Sierra Leone  afin d’éveiller « la compassion sur les misères induites par la traite des esclaves sur mes compatriotes infortunés ». Je meurs le 31 mars 1797.

 

un esclave affranchi et un écrivain

Mon portrait, attribué à Joshua Reynolds, peintre de la haute société anglaise du XVIIIe siècle, a été exécuté vers 1780.

La Marie-Séraphique négrier nantais.

Le négrier nantais Marie-Séraphique.

 

Navire Négrier nantais

La Marie Séraphique

 

Sur cette image du XVIIIe siècle, le négrier nantais Marie-Séraphique a jeté l’ancre au Cap-Français, à Saint-Domingue. C’est un navire de commerce traditionnel transformé pour le transport des esclaves noirs africains. En conséquence, il doit être capable de sillonner les mers et les océans pendant deux à trois ans sans revenir à son port.

 

Plan, profil et distribution du navire négrier, La Marie Séraphique de Nantes.

 

 

Ce navire négrier nantais a été armé par Gruel. Et, ce document témoigne de l’arrivée des esclaves acquis par le capitaine Gaugy à bord de la Marie-Séraphique. En effet,au nombre de 307, ces hommes, femmes et enfants, traités à Loangue, sont amenés par les pirogues qui s’approchent du navire. Ainsi,  les contenus détaillés de la cale, de l’entrepont et du pont nous renseignent sur la manière dont s’organise la traversée.

 

Effectivement, l’entassement des captifs, leur position est notée avec minutie. Notamment, plusieurs d’entre eux sont même enveloppés de linge, car sans doute souffrants, au milieu de l’entrepont. Donc ce sont autant de témoignages visuels qui confirment combien la traversée de l’Atlantique était une épreuve difficile. Ainsi, l’horreur de ce commerce peu représenté car jugé « comme un autre », apparaît ici clairement. Enfin, ce document a sans doute été réalisé à la demande de l’armateur. Le tableau général de la traite, commencée le 25 août et achevée le 16 décembre 1769, présenté dans la partie inférieure, est  très précisément illustré.

 

Le débarquement des esclaves en Haïti.

 

Le sujet de ce film est la Marie-Séraphique, un bateau négrier nantais. Ce jour là, en 1772, c’est jour de vente. En une scène le tableau raconte la vente, les réjouissances qui suivent pendant que les esclaves sont débarqués à terre en Haïti après avoir été vendus.

 

 

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Pierre OZANNE et le port de Nantes au 18è siècle.

Pierre OZANNE, 

dit « Ozanne le Cadet » est né à Brest en 1737 et mort dans cette ville en 1813. C’est un dessinateur de marine français qui a illustré de nombreuses publications sur les vaisseaux, les manœuvres navales et les ports (Nantes par exemple) dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle.  En outre, c’est le frère aîné de Pierre Ozanne, comme lui dessinateur de marine. Tous deux sont considérés comme des témoins précieux de la France navale et de son évolution, de Louis XV à l’Empire.

 

Portrait de Nicolas Ozanne

 

Un dessinateur de marine français

Tout d’abord, il est remarqué dès son plus jeune âge pour ses talents de dessinateur. Ainsi, il est appelé à Paris, en 1751, pour y dessiner les navires dans les vues du Havre destinées à commémorer la visite faite par le roi Louis XV dans ce port en 1749. De plus, membre de l’Académie de marine en 1752, il s’intéresse aussi à la construction navale. Dès lors, il perfectionne son métier auprès de peintre comme Joseph Vernet. Et, de 1762 à 1768, il est attaché au bureau des ingénieurs-géographes de la Guerre. En 1769, il est nommé instructeur du futur roi Louis XVI et de ses frères, en matière de construction navale et de manœuvre des vaisseaux. Puis, À partir de 1775, il dessine les plans et vues des principaux ports de France. Enfin, en 1789, le mauvais état de sa santé l’oblige à cesser ses fonctions.

 

Pourquoi dessine t-il Nantes ?

Sa prospérité repose principalement sur le commerce négrier. En effet, chargés de marchandises de troc, les navires nantais rejoignent les côtes africaines pour y échanger leur cargaison contre des captifs. Ensuite, ceux-ci sont emmenés de force en Amérique pour y être vendus comme esclaves, afin de travailler dans les plantations. Enfin, de retour vers l’Europe, les bateaux rapportent les précieuses denrées coloniales (sucre, café, indigo). Donc, Au XVIIIe siècle, siècle, Nantes assure  42% des expéditions de la traite française.

Doc 1 : Le port de Nantes vu du chantier naval de la Fosse (estampe, Nicolas Ozanne, litographie  réalisée en 1776 sur commande du roi Louis XVI, Archives municipales de Nantes)

Site : histgeoemc